Ultrium Sphere : découvrez l’histoire d’Isyldre

Posté le dans la catégorie Nos éditions

Voici le récit d’Isyldre réalisé par un jeune auteur très prometteur : David Bernis

 

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 Isyldre

 

~ Son léger sourire persistait alors qu’il avançait lentement vers la sphère. Comme d’habitude, il ne lança même pas un regard vers ses coéquipiers, à quoi bon après tout ? Le match allait débuter d’ici peu et le Mordrian restait sûr de lui, son regard pointait vers le bout du couloir sombre. Les dernières instructions du capitaine se faisaient silencieuses tandis que le brouhaha de la foule se faisait de plus en plus audible et dérangeant. Les acclamations du public disparurent le temps de l’annonce des équipes à venir, Isyldre ferma les yeux …

 

 

Vingt-cinq ans auparavant, dans un bidonville de Mordrian, naquit le 8ème enfant d’une famille défavorisée, comme beaucoup d’autres d’ailleurs. Sur cette planète, la tradition était de nommer chaque nouveau né par le nom de l’étoile dominante en dessous de laquelle il voyait le jour, et dans ce cas présent, son nom serait Arhavhin, un Ervicath. Arhavhin, soleil de la rhétorique et du charisme, Lumière de la puissance et du contrôle, Guide Luminescent des Ervicaths, les grands dirigeants de Mordrian. Un signe prodigieux et glorifiant, mais pas dans tous les cas hélas. Autant envié et vénéré des familles aisées ne connaissant ni la faim ni le manque mais tout autant maudit et haït de celles qui vivent sans savoir de quoi demain sera fait. Il va sans dire que mettre en œuvre les moyens nécessaires à la finalité qu’était le conseil Ervicath se voyait être une tâche très difficiles, beaucoup plus encore dans les familles pauvres. C’était tout simplement impossible. L’enfant allait donc voir son avenir se dessiner à travers les petits travaux, parfois dégradants, jamais il ne brillerait comme son étoile.

 

C’est donc ainsi qu’il vécu durant sa jeunesse et une partie de son adolescence. Arhavhin enchaîna les petits boulots destinés à ceux qui n’avaient pas d’autres choix que de les faire. Tous sans exception se déroulèrent dans la violence et le crime. Éventreur, Tueur à Gage, Exterminateur et bien d’autres. Obligé de rester calme quand l’oppressé hurlait, de rester souriant quand la victime pleurait, de faire sans protester ce que sa conscience lui implorait de ne pas faire. Arhavhin était devenu quelqu’un de spécial, un ange dans la peau d’un démon, un sauveur dans le corps d’un tueur, mais il fallait bien survivre, même si cela signifiait troquer son intégrité contre le peu d’argent qu’il gagnait. Sa faible rémunération, ne reflétant en rien la liste de victimes encrées dans sa mémoire. Quand il en avait les moyens, il allait souvent manger au snack le plus proche de chez lui, le  » Kar’n Wheel « , tenu par un cuisinier et son robot. Ce qu’ Arhavhin aimait au Kar’n Wheel, c’était le vieux moniteur rouillé qui se trouvait dans le coin du snack. Une vielle télévision à moitié rafistolée par des clous endommagés et du scotch moisit, une boîte de métal tenue en l’air par quelques fils de nylon et qui apportait un semblant de distraction aux Mordrians qui venaient. Arhavin appréciait le temps qu’il passait là-bas, mais l’adorait plus encore quand passait à l’écran un de ces fameux matchs…d’Ultrium Sphere. Traversant les ruelles sombres serpentant entre les vielles habitations de taule pour aller s’installer sur un siège usé, avant de commander une portion de  » Kriish’t Haar », le Mordrian ne quittait plus le vieil écran des yeux. Des joueurs, des Ultras comme on les appelait, se battant dans des stades géants pour satisfaire une foule adoratrice. Ces sportifs, combattant dans ces sphères pour ce modeste prix qu’était la gloire. Arhavhin ne ratait aucun de leur match. Il faisait abstraction de tout le reste, ignorant les gens qui lui parlaient et laissant son plat refroidir. Il n’était pas seulement un fan ou un simple spectateur. Il ne voyait pas le match avec les yeux d’une simple personne, mais avec ceux d’un Ultra. A chaque occasion ou événement, il prenait la place du joueur et se répétait cette phrase sans cesse:  » Qu’aurais-je bien fait à sa place? ». Ça ne faisait aucun doute, il les enviait. Quitter cette vie monotone et violente pour une autres…peut-être toujours aussi violente mais au moins intéressante. A chaque fin de match, Arhavhin oubliait vite ses rêves trop ambitieux, ainsi que son plat refroidit, pour reprendre à contre cœur sa vie de tous les jours, son fardeau.

 

Quelques mois après ses 20 ans, un vaisseau étranger atterrit sur Mordrian, à quelques centaines de Kilomètres de la ville où résidait Arhavhin. La nouvelle fit vite le tour de la planète, car il ne s’agissait pas d’une simple embarcation de touristes. Ce n’était pas un de ces cargos transportant des matières premières pour le gouvernement ou un de ceux de l’armée, celui-ci était plus… spécial. La rumeur tournait qu’une petite équipe de sportifs peu connus avait des affaires à régler sur Mordrian. Toute  la polémique qui se faisait autour de cette arrivée attisa la curiosité du Mordrian. Il savait bien de quoi il s’agissait, et prit le premier transporteur pour la ville ou se trouvait, en ce moment même, une équipe d’Ultrium Sphere. Durant son trajet, son attention se posa sur deux voyageurs qui parlaient des joueurs composant l’équipe, deux Humains et un Mordrian. Une équipe sans réel talent, ni valeur. Un groupe de bras-cassés aspirant à une renommée qu’il n’aurait jamais. Araélia, une jeune femme sans valeur, anciennement alcoolique, ayant tout perdu durant une partie de Poker. Sébastian, un boxeur qui n’avait gagné de réel match que contre les mannequins de mousse qui lui servaient de coach. Et Isyldre, un Mordrian chétif portant le nom de l’étoile de la Guerre. Le fait d’y penser faisait monter une rage sans précédent dans le cœur d’Arhavhin. Pourtant, cette colère, devenue presque inexistante chez Arhavhin, lui faisait du bien, il se sentait plus vivant que jamais, et esquissait de temps à autre un sourire au fur et à mesure qu’il s’approchait de son but.

 

Il faisait déjà noir quand le transporteur arriva à destination. Une voix rauque, saccadée et brouillée par des haut-parleurs défectueux, invita les derniers passagers à sortir du véhicule de transport. Arhavhin traversa la porte pour arriver sur le quai de la vieille gare. Le sol était humide à cause de la pluie récente, quelques gouttes tombaient encore, le Mordrian mit sa capuche d’un geste, avant de se diriger vers sa « vraie » destination. Non loin d’une maison délabrée, fixée dans une rue comme si elle ne l’était pas, siégeait un Hôtel aussi grand que lumineux, c’était là que Arhavhin se rendait. Devant son entrée, deux grooms fumaient leur cigarette dans le froid, ils semblaient parler des nouveaux clients récemment arrivés. Dans leur conversation, ils ne firent pas attention à la grande silhouette qui entra dans le hall du bâtiment.

 

A quelques pas de ce même hall, un guichet d’accueil tenu par un vieux Mordrian endormit. L’inconnu s’en approcha et lui demanda les prix pour le week-end, à peine eut-il répondu que la silhouette avait disparu. Elle montait les marches de l’hôtel calmement, une clef récemment subtilisée à la main, et arriva assez rapidement au dernier étage. Au bout du couloir, deux hommes vêtus de noir gardaient l’entrée d’une chambre. Lorsqu’ils aperçurent l’inconnu massif se diriger vers eux, l’un des deux avança vers lui jusqu’à être à bonne distance. Il lui demanda s’il pouvait l’aider, cette zone étant interdite aux simples clients. Devant le silence de l’inconnu, le garde devint plus menaçant, conseillant à la personne de déguerpir au plus vite. L’intrus leva légèrement la tête, les lumières du couloir faisaient briller quatre yeux noirs et mystérieux, et dans les ténèbres cachant le reste son visage s’esquissa un sourire. Quelques minutes après, la porte gardée fut défoncée d’un coup sec, créant la panique dans la petite chambre. Seul en face d’un verre d’alcool à moitié vide, Isyldre se leva d’un coup. Il observa l’entrée fracassée, une goutte de sueur coulant sur sa tempe. Le bois de la porte craquelait encore, et quelques copeaux voletaient non loin de l’entrée. Puis, des bruits de pas se firent entendre en dehors de la chambre. Arhavhin entra dans la pièce, toujours aussi calmement qu’à son habitude, jetant en arrière cette clef qui ne lui avait finalement pas servit. Il ne fit que quelques pas qu’il fut chargé par Isyldre. A la grande surprise d’Arhavhin, sous son physique d’écolier, l’Ultra possédait une condition physique incroyable. Les deux Mordrians entrèrent donc dans une lutte violente et sans pitié, il n’y avait aucun doute possible, l’un d’eux allait mourir ce soir. S’il n’avait pas pu compter sur son physique massif et son entraînement, Arhavin aurait été écrasé comme une mouche face à ce joueur qui se battait de toutes ses forces. Alors que les coups fusaient, Arhavhin se demandait bien quel genre d’entraînement ces Ultras possédaient  pour rivaliser avec les capacités d’un mercenaire… Les deux Mordrians reculèrent un instant, ils étaient en sang tous les deux, chacun fixant son adversaire d’un regard meurtrier. Quelques instants passèrent, et tous deux lancèrent un ultime assaut vers l’opposant. Arhavhin, profitant de son élan, agrippa son adversaire par le cou et le fit s’écrouler sur le sol. La tête d’Isyldre, emportée par l’élan et le poids de l’ennemi, cogna le sol avec force en premier lieu. C’est de toute sa masse et sa force qu’Arhavhin étranglait son opposant, qui d’abord paniqua, puis suffoqua…puis succomba.

 

C’est un triste spectacle qui fut dévoilé au capitaine quand celui-ci arriva en trombe dans la chambre saccagée par la lutte qui venait de se produire. Un inconnu, finissant le verre de celui qu’il venait de tuer de sang-froid, dans un décor des plus macabre. L’homme ne bougea plus, il observait la scène, prit entre la surprise et l’effroi. Devant le silence du manager, Arhavhin prit la parole, et annonça son intention de prendre la place de la victime comme joueur. Le capitaine écouta attentivement et pu comprendre assez vite la situation, les yeux du meurtrier ne mentaient pas, un refus signifierait la mort…mais pourquoi refuser? Cet inconnu pouvait bien être celui qui le rendrait riche et ferait de son équipe une championne.

 – « Et vous êtes? » demanda le capitaine.

D’une traite, Arhavhin bu son verre. Il observa un instant le cadavre à ses pieds avant de se tourner vers le manager, sans un mot, celui-ci sourit jaune, puis fit volte-face. Le Mordrian, au fond de lui, savait que le capitaine ne refuserait pas, malgré le fait qu’il ne sache rien d’autre sur cette équipe, cette vie qu’il était sur le point d’adopter… Une chose était sûre…Arhavhin…ce nom qui ne le représentait en rien…il le reniait. D’ un bref geste de la main, il écrasa son verre contre un mur, le bruit des éclats résonna dans toute la pièce alors qu’Arhavhin sortait de la pièce.

 

Dans les nouvelles du lendemain, la population pu lire qu’un joueur d’Ultrium Sphere, un Mordrian dont le nom ne fût pas cité, las de sa vie actuelle, avait décidé de rentrer dans son monde d’origine pour reprendre une nouvelle vie. C’était dans ce but précis que l’équipe des Snake’s Eyes était venu sur Mordrian dans le but de recruter un nouveau joueur, avant de repartir comme elle était venue. Tout fut mis en œuvre pour ce coup-là. Des pots de vin furent versés et des pattes graissées, et personne ne sut ni ne soupçonna un meurtre dans cet hôtel luxueux.

 

… Les présentateurs eurent vite fini d’annoncer la première équipe qui jouerait le match d’aujourd’hui. Puis, dans un torrent d’acclamations, ils introduisirent l’arrivée de la deuxième. Une équipe, autrefois peu connue, mais devenue bien plus forte grâce à l’ajout d’un membre au grand potentiel. Les six coéquipiers se lancèrent un dernier regard, puis avancèrent un par un vers la sphère. Quand il entendit ce qu’était devenu son nom, Arhavhin avança lui aussi. Une fois qu’il serait à l’extérieur, il serait Isyldre. Isyldre, Mère de la force et Patronne de la violence, étoile de la guerre et du combat. Plus jamais il ne devrait s’accoutrer de ce nom l’ayant déshonoré toutes ces années.

Les rayons du soleil atteignirent les yeux du Mordrian, qui ne se plissèrent même pas. Il souriait…un autre Match, une nouvelle vie. ~

 

Auteur : David Bernis

 

 

 

 

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